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Eau : régie ou non

Dix ans après le débat sur l’eau risque fort de reprendre à Quimper sur la question de la gestion de l’eau potable et de l’assainissement. En 2010, ce débat fut houleux, à la limite du respect des règles démocratiques comme le montra la séance du conseil municipal de Quimper du 24 septembre.

Mais les votes furent clairs et le principe de la DSP, la délégation de service public, retenu. Les contrats en cours vont jusqu’en février 2023. Ils seront donc rediscutés au cours de l’année 2022.

Déjà, des militants très déterminés, les mêmes que voici dix ans, exigent un retour en régie. C’est, bien entendu, leur droit le plus strict, à condition, bien sûr, de respecter les règles démocratiques.

Il faut tout de même préciser plusieurs choses. Les militants pro-régie assuraient, voici dix ans, que l’eau avait été « privatisée » à Quimper. C’est un mensonge. Si cela avait été le cas, pourquoi les entreprises reviendraient en discuter dix ans après ! Ce serait leur propriété. Point. Certains secteurs ont été privatisés, comme les autoroutes, la Française des Jeux et, peut-être bientôt, les aéroports de Paris. Les propriétaires ne reviendront pas en discuter d’ici dix-douze ans !

En revanche, pour l’eau, ou pour les transports, ce n’est pas le cas. Il s’agit d’une DSP, délégation de service public. Les entreprises délégataires ne sont pas propriétaires des usines de « potabilisation », d’assainissement et des tuyaux qui appartiennent à la collectivité comme les bus, mais, apparemment nos militants pro-régie ne s’intéressent qu’à l’eau et pas aux transports qui, eux aussi, pourraient pourtant être en régie.

Autre chose à noter : en 2010 une partie de la question relevait de la municipalité de Quimper. Pas tout, la potabilisation était du ressort du SIVOMEAQ, syndicat intercommunal avec Ergué-Gabéric et l’assainissement était déjà communautaire. Seule la distribution relevait de Quimper. A la fin de la mandature 2008-14, l’ensemble de l’eau est devenu une compétence de QBO, la communauté d’agglomération qui s’est élargie ensuite au Pays Glazik.

C’est dire qu’il faudra compter avec 14 communes sur cette question et regarder qui, en dehors des quelques listes quimpéroises se prononçant pour le retour en régie, est sur cette revendication. Au besoin, il faudra comptabiliser les voix de ces listes pour avoir un aperçu de la volonté populaire en la matière. Bien entendu si une majorité nette en faveur d’un retour en régie s’exprime, il faudra en tenir compte mais si c’est le cas contraire, il faudra aussi respecter le verdict des urnes ! C’est cela la démocratie.

Enfin, dernière chose : le prix de l’eau. Sur cette question on dit souvent tout et n’importe quoi. Pourtant les chiffres existent et c’est simple à vérifier. En Bretagne, les villes ou communauté d’agglo, où l’eau est la moins chère, sont Quimper et Vannes. Quimper est en DSP et Vannes est resté en régie.

Ce qui prouve que les deux systèmes ont leur vertu. Le fait que l’eau ne soit pas très onéreuse à Quimper est intégré par la population qui est plus inquiète par les augmentations régulières du gaz et de l’électricité. Cette question du prix de l’eau à Quimper (en général moins d’un euro par jour, ce qui est peu lorsque l’on réfléchit à tous les usages quotidiens de l’eau !) sera bien sûr discutée en 2022. Mais je suis en complet accord avec ce que déclarait dans la presse le 14 février 2017 Yves-Pierre Le Berre, l’un des responsables d’Eau Secours 29, nous citons : « Il faut être honnête, le prix du m3 d’eau potable à Quimper est très convenable par rapport au Finistère. »

On se demande bien alors où est le problème !

Georges Cadiou

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